Zirlib a été fondé en 2008 autour d’un postulat simple : l’esthétique n’est pas dépourvue de sens politique. C’est le fruit d’une rencontre entre auteurs, acteurs, chercheurs, danseurs, vidéastes et musiciens de formations et d’horizons divers.
La compagnie envisage la création contemporaine comme une expérience, un geste où la dimension esthétique la plus exigeante peut se confronter au quotidien.
La rencontre est au point de départ de chaque création. Rencontre avec une femme de ménage, un éleveur de moutons, des sages-femmes, un marin. C’est à partir de ces rencontres que s’inventent des fresques intimes ou spectaculaires.

Zirlib œuvre dans trois domaines :
- la création contemporaine dans les arts vivants en France et à l’étranger,
- la recherche dans les rapports arts / sciences humaines / sciences technologiques,
- l'action artistique avec les personnes les plus éloignées des cercles culturels.


« La seule conviction qu’on a pu se forger ces dernières années est que chacun de nos gestes esthétiques doit interroger le théâtre d’aujourd’hui dans sa forme, mais également constituer un refuge pour les plus fragiles d’entre nous.
On considère notre pratique artistique comme un espace de réconfort – par la beauté du geste –, d’émancipation – par la radicalité du propos –, et d’hospitalité. Le plasticien Christian Boltanski dit que chaque personne, à partir de soixante ans, est un « musée en soi », et qu’il faudrait ainsi créer des milliers de micro-musées vivants. C’est de cette façon que nous imaginons notre théâtre et pour cette raison que nous travaillons indifféremment avec des professionnels très reconnus et des non-professionnels très inconnus. »

M.EK

L'équipe

ZIRLIB est porté par Mohamed El Khatib (auteur-metteur en scène), Frédéric Hocké (plasticien), Nicolas Jorio (musicien), Yohanne Lamoulère (photographe), Violaine de Cazenove (plasticienne), Alice Le Diouron (administratrice), Corinne Dadat (femme de ménage et actrice), Dimitri Hatton (circacien), Sylvia Courty (directrice des productions), Marie Desgranges (actrice), Emmanuel Manzano (monteur), Daniel Kenigsberg (acteur), Vassia Chavaroche (dramaturge).
Régulièrement, d’autres artistes viennent se joindre aux recherches de la compagnie : Alain Cavalier (cinéaste), Valérie Mréjen (plasticienne), Massimo Furlan (performer), Patrick Boucheron (historien), Éric Elmosnino (acteur)…

Pôle technique de création : Jonathan Douchet, Arnaud Léger, Zacharie Dutertre, Madeleine Campa, Nicolas Hadot, Christine Boisson, Olivier Lecce.


Mohamed El Khatib

Auteur, metteur en scène et réalisateur, il développe des projets de fictions documentaires singuliers dans le champ de la performance, de la littérature ou du cinéma. À travers des épopées intimes, il invite tour à tour un agriculteur, une femme de ménage, des marins, à co-signer avec lui une écriture du temps présent. Après Moi, Corinne Dadat qui proposait à une femme de ménage et à une danseuse classique de faire un point sur leurs compétences, il a poursuivi son exploration de la classe ouvrière avec la pièce monumentale, STADIUM, qui convoque sur scène 58 supporters du Racing Club de Lens.
Mohamed El Khatib a obtenu le Grand Prix de Littérature dramatique 2016 avec la pièce Finir en beauté où il évoque la fin de vie sa mère. Son texte C’est la vie, primé par l’Académie française, vient clore ce cycle sur la question du deuil, qui démontre qu’une comédie n’est qu’une tragédie avec un peu de recul… Enfin, après avoir monté une Dispute singulière, c’est au cinéma qu’il aborde la question de l’héritage dans son dernier film Renault 12, road movie entre Orléans et Tanger.

Zirlib est une compagnie conventionnée par le ministère de la Culture - DRAC Centre-Val de Loire, portée par la Région Centre-Val de Loire et soutenue par la Ville d’Orléans.
Mohamed El Khatib est artiste associé au Théâtre de la Ville à Paris, au Théâtre National de Bretagne (Rennes) et à Malraux-Scène nationale Chambéry Savoie.




ENGLISH

As a lover of soccer, he played as a midfielder for many years. Let it be known that he followed the rules of the game. In theater, however, he pushes the rules aside and invites 53 supporters of the Lens Racing-Club on stage, asking them to tell us about their working-class north of France, about unemployment, solidarity, and team spirit. In ninety minutes with a half-time, Stadium (2017) is an unfiltered account, a precis of sociological and human truth. Mohamed El Khatib is on stage, he introduces his guests, as well as the pompom girls and the marching band. He also includes the soccer game’s festive trappings—the mascots, the fry shack—in an artistic gesture he likens to that of Marcel Duchamp with his ready-mades. El Khatib spent more than a year in Lens, meeting and interviewing numerous locals, in order to gain their trust and also to hit the target, notably when taking aim at certain social and political clichés. He was driven to create Stadium by his desire to escape what he calls the cultural “insiders’ club” and by thoughts of his father, a major soccer fan. The manager of the fry shack also happens to be the cleaning woman (aka “surfaces technician”) who displayed her abilities alongside a dancer in El Khatib’s previous show, Moi, Corinne Dadat (2015).
Is this documentary theater, a dramaturgy of reality? It’s hard to find words to accurately describe the singular art of this son of a Moroccan factory worker and cleaning woman. Born in the Loiret in 1980, El Khatib followed his parents’ advice and became a brilliant student: Khâgne, Sciences Po, a dissertation in sociology. He discovered theater, including the work of Jan Lauwers, at the 2004 Avignon Festival while doing an internship with a CEMÉA organizing theater camps for underprivileged children. He started making plays with his friends, founded the Zirlib collective in 2008, and wrote his first two theater pieces, A l’abri de rien and Sheep, both of which were met with words of encouragement.
Ironically, it was Finir en beauté, a play about the death of his mother, whom he recorded speaking while she was in hospital, that officially announced his birth in the theater world. Alone on stage with a tape recorder, he performed in Marseille, then at the Avignon Fringe in 2005. That was followed by an extensive tour, then the Grand Prix de Littérature Dramatique, an annual award for the best dramatic text. El Khatib also filmed his mother with a Sony video camera, the same one used by Alain Cavalier with Vincent Lindon in Pater, a film which fascinated him. He wrote to Cavalier, and soon they met and began talking: their Conversation was off to a start. In the meantime, El Khatib traveled with his camera from Orléans to Tangier aboard a Renault 12, a vehicle chosen for reasons to be discovered in his “road-movie” of the same name.
C’est la vie (2017) is also the fruit of a conversation. El Khatib asked two actors to speak about the death of their child, a painful experience both were faced with in 2014, but in different circumstances. Where are the characters? Where is the fiction? Is it still theater? In any case, it is Mohamed El Khatib’s theater. He is working at the limits. There is no territory he won’t allow himself to enter. His work is destabilizing. It isn’t comforting: what he aims for is reconciliation.